«Quelle chance, quelle chance d'habiter la France/ Dommage que tant de gens fassent preuve d'incompétence/ Dans l'insouciance générale les fléaux s'installent normal/Dans mon quartier la violence devient un acte trop banal/ Alors va faire un tour dans les banlieues/ Regarde ta jeunesse dans les yeux toi qui commandes en haut lieu/Mon appel est sérieux non ne prends pas ça comme un jeu/Car les jeunes changent, voilà ce qui dérange.»
Le Monde de demain, NTM, 1991
Kool Shen, Saint-Denis (93) : «Quand je disais aux politiques de venir en banlieue, c'était une image. A quoi ça sert de venir, si vous restez dans votre mirador ? Envoyez vos émissaires, j'espère que vous avez autre chose à foutre dans vos ministères. Sarkozy est venu à Argenteuil et vous avez vu la merde qu'il a foutue. Qu'est-ce qu'il a vu de plus que ce qu'il savait déjà ? Oui, il n'y a pas de boulot, pas d'égalité des chances à l'école, des jeunes qui traînent... Ce qu'on demandait, c'est qu'on prenne ça en considération : parce que c'est plus difficile chez nous, envoyez-nous des bons profs et des flics expérimentés. Arrêtez d'envoyer des mecs de 21 ans qui débarquent de Châtellerault. Quand PPDA demande sur TF1 à Villepin pourquoi les Portugais ont été plus facilement intégrés que les immigrés d'Afrique du Nord et d'Afrique noire, il est incapable de répondre. La France est un pays de Blancs, voilà pourquoi ça a été plus facile pour nous [Kool Shen est d'origine portugaise, ndlr]. Ma femme est noire, elle va chercher un appartement avec nos fiches de paie, on lui refuse parce qu'au téléphone elle n'avait pas précisé sa couleur de peau. Moi, je n'ai pas eu à subir ça. Même quand on était plus jeunes, c'est toujours Joey [Starr, ndlr] qui prenait. Alors, est-ce que brûler des voitures et des écoles c'est la solution ? Certainement pas, mais ça a l'air d'être la seule. D'un coup, on débloque les budgets pour créer 20 000 jobs.»